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Revista Romana de Psihanaliza
Publicatie a Societatii Romane de Psihanaliza,
Grup de Studiu IPA
DU RÊVE AU FANTASME :
LA CRÉATION DE L’AUTRE SCÈNE
Catherine Chabert
[Psychanalyste, A.P.F., prof. des Universités, Paris]
Je souhaite, dans ma contribution à cette revue, étayer ma réflexion sur le
matériel d’une cure aujourd’hui terminée et à laquelle je n’avais pas
immédiatement pensée lorsque je me suis engagée dans la préparation de
mon exposé. Et pourtant, la difficulté essentielle de cette analyse, sa butée,
ont bien été massivement liées à la disparition des mots, et notamment à
l’affaiblissement de leur pouvoir représentatif, au poids d’une réalité événementielle
écrasante et aux effets de la conjonction de ces deux phénomènes
sur le processus transférentiel. La voie que je vous propose d’emprunter
suit le déploiement de l’analyse d’une jeune femme que j’appelle Flora,
en référence à l’héroïne du magnifique roman de Joseph Conrad Fortune,
pour tenter de cerner le passage vers « l’autre scène », vers sa création ou
sa construction… L’idée que je voudrais soutenir - et dont je propose une
formulation un peu simpliste pour l’instant - est que ce passage se dessine
à travers l’enchevêtrement des mots et des images pris en charge par
l’analyste, dans ces situations singulières où il semble que l’analysant a été
dépossédé de son théâtre intérieur et qu’il ne dispose pas ou plus d’un
espace privé, d’une intimité effective avec sa réalité interne. Au-delà des
figures transférentielles qui lui sont assignées, c’est la capacité de l’analyste
à endosser en quelque sorte les représentations et les affects qui ont
déserté le discours du patient qui se trouve mis à l’épreuve : quelles
potentialités associatives peut-il conserver au service de la pensée désincarnée
- en apparence - de l’analysant ? Et quels supports peut-il utiliser-
au sens où Winnicott entend « l’utilisation de l’objet »- pour qu’adviennent les transformations qui permettront à la réalité intérieure de frayer
son chemin malgré les obstacles que lui opposent les indices les plus opaques
d’une réalité matérielle dont l’extériorité constitue le bastion initial de
la résistance. J’évoquerai, au fil de mon exposé clinique, les références qui
m’ont permis de m’étayer sur des systèmes de représentations pluriels, sur
des matériaux différents certes, mais qui ont en commun de préserver ou
d’aménager la part de fiction, de rêve ou d’illusion indispensables à
l’écoute analytique : le premier support est théorique et appelle la métapsychologie
freudienne, le second se découvre dans un conte de fées et le
troisième interroge la tragédie comme équivalent du mythe.
*
Elle était venue me voir parce qu'elle avait perdu les mots. D'abord ceux
dont elle avait besoin pour travailler, les mots écrits, les siens. Désormais,
elle ne s'occupait plus que de ceux des autres : elle les mettait en ordre, en
place, elle les séparait, elle les reliait, elle les organisait. Elle les accordait.
Des mots des autres elle pouvait faire ce qu'elle voulait, elle en était
comme affamée, de ces mots-là, depuis que les siens l'avait désertée.
Puis, elle avait perdu les autres mots, ceux qui se parlent, pour dire. Ils
avaient été brutalement emportés dans les flots de larmes qu'elle avait infiniment
versées lorsque le plus jeune de ses deux amants l'avait quittée-
pour une autre. Une telle situation était incongrue : jusqu'ici, c'était elle qui
partait, elle qui congédiait. Elle avait cru que, des autres, elle pouvait faire
ce qu'elle voulait.
Quand elle arriva chez moi, elle avait tout perdu - ou presque - tout
s'était tari, les mots, les larmes. Tout avait disparu, la peine, le chagrin, la
tristesse. Il lui restait seulement l'angoisse, insoutenable, et mon adresse,
retrouvée au fond d'un tiroir. Flora pensait donc, en désespoir, que le
recours ultime, c'était une cure des mots, une cure de parole : on soignait
les mots avec du silence, sans impatience, on les laissait dormir, on les laissait
venir, prendre forme, prendre vie. Peut-être que les siens pourraient
s'échapper, traverser l'écorce dure de son corps tendu, débordé par les
tremblements de ses crises de tétanie, peut-être que les mots pourraient
enfin trouer l'enveloppe de ses migraines meurtrissantes, apaiser l'agitation
des palpitations incessantes de son coeur.
Elle ne voulait pas chercher ses souvenirs. Elle en avait trop. Ils étaient
là, implacablement présents, comme s'ils l'avaient marquée au fer, dans sa
chair. C'étaient des souvenirs de menace, de danger. Ce que Flora ne comprenait
pas, c'est que la menace, le danger avaient depuis longtemps disparu. Mais que l'angoisse, elle, était revenue. Au début donc, entre elle et
moi, l'angoisse occupait la place. Flora souhaitait que j'en sois le témoin :
elle me montrait ses plaies ouvertes, ses revendications violentes, étouffées.
Elle évoquait un monde dur, logiquement cruel, irrémédiablement fixé
dans une diffamation injuste : pourquoi elle ?
Flora décrivait une réalité dont elle se déclarait la victime sans appel,
forte de cette dénonciation, de cette déchirure inéluctable : ses illusions
d'amour perdues, les miroirs éphémères qu'elles lui avaient offert devenaient
dérisoires, puisque leurs reflets ne renvoyaient plus que les images
démultipliées de l'impuissance. L'angoisse, elle, demeurait, sans
cause, comme une masse étrangère, dans l'intimité douloureuse de son
corps.
Flora parle difficilement, péniblement. Elle est comme à l'agonie,
nouée, enroulée sur elle-même, recroquevillée autour de ces mots qu'elle
semble arracher à leurs racines profondes. Ils viennent pourtant, ces mots,
couper la brume de ses silences. Flora dit des choses brutes, tranchantes et
ses mots impriment en moi des images immobiles, totalement fixes.
Flora a rassemblé toutes les affaires de son amant perdu, elle les a enfermées
dans un sac poubelle, elle est descendue à la cave et elle y a déposé le
sac. Elle est restée un long moment près du sac.
Arrêt sur image : Je vois la cave, son ombre bleutée, Flora seule, accroupie
près du sac poubelle plein, gris et morne.
Précision photographique de l'évocation, excès de sensorialité qui
vient lui conférer la fixité d'un tableau, intensité de l'image soulignant la
force du visuel : ce surinvestissement de la sensation visuelle, si intense
qu'elle en devient presque tactile, vient là pour masquer, certes, les représentations.
Mais par la dérive périphérique qu'elle entraîne, par la focalisation
sur les surfaces de contact, l'hypersensorialité tente aussi d'échapper
à ce qui s'éprouve à l'intérieur, à ce qui bouge dans les profondeurs du
corps pulsionnel, à l'effraction du dedans, organisant en quelque sorte une
stratégie de protection du front interne.
En deçà du visuel se découvre la polysensorialité d'images dont le saisissement
s'enlise ; portées par des mots qui en préservent l'énigme, elles
donnent trop à voir et éveillent des sensations dont l'opacité reste indéfinissable
: le mot ne transmet plus d'images signifiantes, la communication
visuelle et représentationnelle est comme rompue. Les mots sont là pour
masquer l'infigurable, barrer la voie d'accès à celui qui écoute, parce qu'il
ne peut plus voir. L'image porteuse de sens, l'image mise en mots, peut
ouvrir un champ associatif apparemment infini, une liberté visuelle et sensorielle
surprenante, soutenue par les immenses étendues de l'illusion. Mais parfois l'image est arrêtée, close en elle-même, enfermée dans un discours
appelé par l'angoisse du vide et de l'absence.
Quand Flora a eu douze ou treize ans, son père s'est mis à la frapper
régulièrement, au visage, pour sa turbulence. Sans un mot, il la giflait
devant la famille rassemblée autour d'eux, « jusqu'à ce que le sang m'arrive
», dit-elle.
Arrêt sur image : La composition de la scène, comme je me la représente,
est celle de l'Enterrement du Comte d'Orgaz. Composition symétrique :
Flora et son père, et de part et d'autre, mutiques et figés, la lignée de ses frères
d'un côté et de l'autre, celle des femmes, sa mère, sa tante, sa grandmère.
L'Enterrement du Comte d'Orgaz condense cette scène et la précédente,
l'enterrement des dépouilles de l'amant perdu, et l'arrêt sur image vient
éterniser la scène, avec le risque de gel et de mortification que le procédé
implique. Voilà que je suis prise par l'instantané, par l'anesthésie mauvaise
qui me rend froide et neutre : mais je connais ce malaise qui vient
d'abord immobiliser ce qui va bouger, se mouvoir, s'émouvoir, justement
parce que j'ai été touchée. Le mouvement en moi va être, d'abord, de langage.
Je transforme « jusqu'à ce que le sang m'arrive » en pensant « depuis
que le sang m'arrive ». Depuis que le sang est apparu, régulièrement, Flora
a été mise (s'est mise ?) à la place de sa mère battue. Son père la frappe au
visage jusqu'à ce que, depuis que le sang arrive. Je bouge les mots, le scénario
s'anime, s'instaure. Une enfant est battue par son père. Un enfant
est battu.
Si l'image s'anime, si elle est mise en scène, le mouvement inhérent à la
dramatisation désamorce ma paralysie associative. On bat un enfant.
Comment n'avais-je pas pensé à Freud ? Flora se confondait en moi dans
la sidération des images qu'elle m'imposait. Je ne devais pas la perdre de
vue, telle était son exigence majeure. Elle se faisait donc voir sans cesse et
d'abord dans la pérennité de la scène où elle occupait la place de l'enfant
battue. Elle l'offrait comme scène et non comme fantasme, et cet écart par
rapport aux constantes décrites par Freud m’entraîna au jeu des correspondances,
Flora d'un côté, Freud de l'autre, une autre figure de père entre elle
et moi, et peut-être aussi, déjà, une autre voie pour la pensée, celle de la fiction
métapsychologique et du dégagement qu’elle peut amorcer lorsqu’elle
ne se prend pas au piège de la citation.
Bien sûr, le plaisir classiquement associé au fantasme est absent chez
Flora, encore que l'extrême déplaisir et l'horreur puissent le recouvrir par
le renversement en contraire. Et puis, Freud insiste sur le fait remarquable que « les personnes qui ont fourni la matière de ces analyses étaient rarement
battues dans leur enfance et en tout cas, elles n'avaient pas été élevées
à coup de trique. » 1
Enfin c'est l'ordonnance et la qualité des trois phases qui diffèrent : la
première phase, « le père bat l'enfant », généralement un garçon pour les
filles, est absente puisque Flora apparaît d'emblée dans la scène au contraire
des patients de Freud qui ne sont pas battus, et qui d'ailleurs ne battent pas
davantage. C'est moi qui occupe la place habituelle de l'auteur du fantasme,
je suis celle qui regarde. La seconde phase, « la plus importante de toutes
et la plus lourde de conséquences [...] dit Freud, n'a jamais eu d'existence
réelle. » 2. Elle n'est en aucun cas remémorée, elle n'a jamais porté son
contenu jusqu'au devenir conscient. Elle est une construction de l'analyse
mais n'en est pas moins une nécessité. La seconde phase, la phase incestueuse,
celle qui généralement dévoile le retournement du châtiment sur
l'auteur du fantasme, apparaît chez Flora comme première scène, scène
« réelle », scène du souvenir.
Serait-ce donc la différence entre souvenir et fantasme ? Le « je suis battue
par mon père » n'est pas une construction de l'analyse, il ne relève
même pas d'une remémoration, il se donne comme temps premier, non
soumis au refoulement, en apparence. La troisième phase est absente
chez Flora. La scène fixée dans l'horreur de la répétition se constitue
comme une enclave, un souvenir de couverture peut-être, saturé en sensations
de déplaisir qui finissent par se muer en douleur, à force de ne pouvoir
ni se penser ni se rêver.
Pourtant, entre l'angoisse et la scène, une première connexion s'établit,
la cause possible de l’affect est découverte, transformant l'angoisse en
peur. « Effroi, peur, angoisse sont des termes qu'on a tort d'utiliser comme
synonymes », écrit Freud, « leur rapport au danger permet bien de les différencier.
Le terme d'angoisse désigne un état caractérisé par l'attente du
danger et la préparation à celui-ci, même s'il est inconnu ; le terme de peur
suppose un objet défini dont on a peur ; quant au terme d'effroi, il désigne
l'état qui survient quand on tombe dans une situation dangereuse sans
y être préparé ; il met l'accent sur le facteur surprise »3. La peur était maintenant
liée au père, au père silencieux, au père privé de mots, au père interdicteur de parole et qui châtiait l'insolence par les coups portés au visage.
Flora restait fière et muette, elle ne pleurait pas.
Sur le divan non plus, elle ne pleurait pas. Il fallait que je sois le témoin
de l'univers blanc de sa solitude, il fallait que je sois le témoin de son arrogance
et de sa faiblesse, il fallait que je sois le témoin de sa honte et de sa
misère. Flora avait pris la place de sa mère, dans la scène, et s’était sacrifiée
pour l’épargner. Elles avaient changé de place. La mère était devenue
une spectatrice immobile et silencieuse : ni gestes, ni mots pour arrêter les
déchaînements du père.
J'éprouvais un malaise pénible en écoutant Flora. Je me sentais impuissante
et écrasée par les faits, incapable de penser, agrippée pourtant à la
conviction qu'entre Flora et son père, il y avait, il y aurait quand même une
histoire d'amour. J'en voulais pour preuve sa totale amnésie de sa petite
enfance. Comme au théâtre, les souvenirs commençaient avec les premiers
coups. Flora dit un jour que, peut-être, son père n'avait pas supporté
qu'elle grandisse. Elle avait vu une photo d'elle à quatre ans, riant dans ses
bras. Elle portait une jolie robe et un ruban dans ses cheveux.
*
Elle avait treize ans. Une fois, dans la grande maison déserte, son père
était entré dans sa chambre, juste dans l'encadrement de la porte, précisat-
elle. Il avait dit : « Regarde bien, maintenant tu sais ce qu'est un
homme ». Réalité de la séduction ? Voilà le revenant, le père pervers
d'avant 1897. Le séducteur actif de l'enfant innocente et passive. Le traumatisme,
l'effraction, l'impuissance désignée. L'angoisse et la peur laissent
la place à l'effroi. L'effroi devant l'émoi, le trouble, la surprise, l'inconnu,
l'effroi devant le désir ?
Pour moi, à nouveau, encore, l'image était fixe. Prise toujours dans les
mailles serrées d'une réalité intransigeante à laquelle je refusais d'adhérer.
Je résistais. Et pourtant, dans le tableau de la scène qui s'imposait à moi,
dans la représentation de la chambre de Flora que je me donnais, j’inventais
confusément des détails étrangement familiers : l'impression du papier
peint, peut-être, l'emplacement de la porte et des fenêtres. Voilà que
Flora et moi nous partagions un espace, en pensée.
Le partage avec Flora s'établit dans cet espace défini par une topographie
qui était la mienne, qui devenait la nôtre. La chambre de Flora,
comme je me la représentais, n'était plus le lieu de surgissement d'une
scène traumatique qui me sidérait, elle s'offrait comme ouverture aux souvenirs
d'enfance. L'emprise des faits se desserra. La nostalgie, la douceur de la remémoration s'amorçaient subrepticement. Flora rêva d'une femme sur
un balcon, en été. La femme se penchait et son appareil photographique,
dont l'objectif était sorti, tombait du haut de la maison. Elle entendait le
bruit sec du choc sur le macadam. Au-delà des associations de Flora, audelà
du sens de ce rêve, je me trouvais enfin débarrassée des arrêts sur images,
des photographies précises, des tableaux muets, des scènes plates et lisses,
d'un espace privé de sa troisième dimension.
Flora avait choisi un nouvel amant dont elle disait qu'il ressemblait
étonnamment à son père - aussi fou que lui, dit-elle. L'extrême plaisir
qu'elle prenait avec lui et la rage et le désespoir que lui inspiraient la jalousie
et le silence de cet homme l'animaient considérablement. Voilà qu'elle
avait une vie, très insatisfaisante, bien sûr, mais une vie avec des scènes, des
histoires, des mouvements. Et voilà que dans le même temps elle se mit à
rêver et à parler d'abondance.
Plusieurs années s'étaient écoulées depuis le début de l'analyse. J'eus le
sentiment de sortir d'un tunnel, d'être portée par une eau fraîche et scintillante,
de sentir le frémissement de jeunes feuilles, et encore de respirer
le grand air des hauteurs : Flora ne parlait plus de mourir. Les mots lui
venaient avec une étonnante fluidité et avec eux se développa une grande
passion pour les séances, pour l'analyse.
Cependant, le processus analytique était toujours, régulièrement, ponctuellement
troué par le retour des scènes. Flora redevenait triste, désespérée,
désemparée. Elle disait qu'elle ne pourrait jamais se défaire de son
passé, qu'il lui collait à la peau comme un manteau sale et dégoûtant. Le
front interne, celui de l'excitation sexuelle et du désir se découvrait. Le danger
n'était pas seulement du côté de l'Autre, agent actif de la transgression,
mais basculait subrepticement de son côté à elle.
Le moi, écrit Freud, « utilise contre ses deux adversaires [le monde
extérieur et le monde intérieur] les mêmes méthodes de défense, mais
celles-ci s'avèrent particulièrement inefficaces contre l'ennemi du
dedans »4. Ainsi les défenses adoptées par l'enfant, et notamment les
refoulements, se révèlent inadéquats « au moment où une réactivation de
la sexualité vient renforcer les exigences pulsionnelles antérieurement
repoussées. »
Flora rappela donc impérativement les scènes de coups, celles où elle
maintenait sa position de victime innocente. Elle s'effondra devant le
regard fasciné de sa mère, elle répandit enfin ses larmes sur le sang qui coulait de son nez, ce sang si rouge, une petite flaque rouge sur l'assiette, les
gouttes rouges qui tombent sur la nappe blanche.
L'insistance sur le détail rouge, les gouttes de sang, me toucha au vif :
quel était donc le statut du détail dans le souvenir régulièrement énoncé,
les scènes de coups ? Je ne retrouvais pas la qualité générale des souvenirs
de couverture telle que Freud la décrit, je ne retrouvais pas le caractère anodin
du détail. En revanche, il apparaît avec évidence que dans le matériau
rapporté par Flora, ont été choisies « les impressions qui ont provoqué un
affect puissant ou qui ont été vite reconnues comme significatives d'après
leurs conséquences »5.
Le paradoxe des deux forces psychiques qui prennent part à la production
du souvenir, leur mobilisation contraire ne s'impose pas, et pourtant
se découvre l'opération psychique dénouée par Freud. « Au lieu de l'image
mnésique originairement justifiée, une autre image mnésique survient qui
est partiellement échangée contre la première par déplacement dans l'association
»6.
Chez Flora, la scène de coups vient se substituer à celle de la séduction
paternelle ou en donner une traduction, une version singulière, voire
même un récit et c'est un fantasme inconscient qui est transformé en souvenir
d'enfance. Mais surtout, le souvenir - et c'est le point essentiel qui
détermine celui de Flora - est là pour défendre la cause de l'innocence.
C'est bien parce que, dans la scène des coups, Flora conserve sa position
d'innocence que le souvenir en est d'emblée conscient, et de surcroît
avancé itérativement chaque fois qu'une autre version de l'histoire est susceptible
de se dévoiler.
Freud affirme que c'est l'expression verbale qui sans doute établit la liaison
entre le souvenir de couverture et celui qui est recouvert, et le discours
de Flora illustre tout à fait cette médiation langagière : les coups, le sang,
la mise en mots traduisent la liaison entre le contenu de la scène montrée
et l'autre contenu, réprimé.
Quant à la question de la réalité et de l'authenticité du souvenir, la
réponse est claire : « rien de ce qui appartient à une reproduction de l'impression
imaginaire n'est jamais parvenu à notre conscience »7. Les scènes
sont falsifiées et l'infidélité du souvenir ne joue aucun rôle essentiel : ce qui
compte, souligne Freud, c'est la grande intensité sensorielle des images et les capacités de la fonction mnésique dans la jeunesse. En fait, nos souvenirs
conscients ne sont pas des souvenirs d'enfance, ce sont des souvenirs sur
notre enfance ; ces souvenirs n'ont pas « émergé » à ces époques d'évocation,
ils ont été formés alors et, conclut Freud, « toute une série de motifs,
dont la vérité historique est le dernier des soucis, ont influencé cette formation
aussi bien que le choix des souvenirs »8.
La force de l'investissement sensoriel permet d'articuler l'utilisation singulière
du souvenir, chez Flora, dans sa condensation avec le fantasme de
l'enfant battu. Les affects associés, l'effroi, l'horreur, le déplaisir extrême,
intense, sont à l'inverse de ceux qui déterminent et accompagnent habituellement
l'évocation du fantasme ; ils constituent pourtant la pierre de touche,
le pivot qui déclenche le mouvement vers l'assertion d'une réalité
vécue, d'une expérience éprouvée.
*
Flora rêva de l'amour de son père. En Laponie. Elle est heureuse, soulagée,
elle laisse venir le plaisir, l'idée d'un père aimant et jaloux. Elle peut
dire que son père l'aime, elle peut parler avec lui de son enfance. Le plaisir
associé au rêve d'amour, était-ce l'affect retrouvé ? Freud écrit à propos
des affects dans le rêve : « L'analyse nous apprend [...] que les contenus
représentatifs ont subi des déplacements et des substitutions et que les
affects n'ont pas changé » et plus loin : « Dans un complexe psychique qui
a subi l'influence de la censure imposée par la résistance, les affects forment
la partie résistante [...] l'affect a toujours raison, au moins pour ce qui est
de sa qualité. »9
Le rêve de Flora, pris dans son contenu manifeste, trouve son sens
essentiellement, d'abord, dans l'adéquation de l'affect et de la représentation,
à travers l'énonciation du désir et sa satisfaction. Il trouve sa fonction
dans la transformation de qualité du contenu, la réalité traumatique basculant
dans la fiction, dans l'abri du rêve. Nouveau renversement dans le
mouvement de la cure : le souvenir à la place du fantasme, le rêve dans
l'élaboration du traumatisme. Les affects, eux, demeurent, mais lient
autrement les mêmes enchaînements. De scène en scène, la séduction,
jusqu'à l'origine, jamais touchée, jamais atteinte. Je pense à l'inconnu, à
l'originaire, à l'émergence des messages maternels. Je dis : « Il fait froid en
Laponie. »
Flora dit oui, il me manque un fragment du rêve, je le sais. La pièce
manquante revient : dans le rêve, sa mère est là, elle lui donne un manteau
en peau, déformé. Le manteau déformé, la peau déformée. La peur de grossir,
la peur de la grossesse. Le ventre de la mère déformé. La trahison répétée.
Chaque naissance après Flora, chaque nouvel enfant, le dernier quand
elle a douze ans, celui-là elle ne le compte jamais.
Flora se sent seule et abandonnée. Dans cet état, elle a l'impression pénible
de sentir mauvais - comme Peau d'Ane ? Pour nier l'amour du père,
ses avances incestueuses ? Elle retourne au conte de Perrault, elle y découvre
un élément dont elle n'avait aucun souvenir : c'est le testament énigmatique
de la Reine qui pousse le Roi vers sa fille, si belle, plus belle encore,
la plus belle. Une mère perfide en vérité, et dénoncée comme telle par
Charles Perrault :
Arrivée à sa dernière heure
Elle dit au Roi son époux :
« Trouvez bon qu'avant que je meure
J'exige une chose de vous ;
C'est que s'il vous prenait envie
De vous remarier quand je n'y serai plus
[...] Je veux avoir votre serment
[...] que si vous rencontrez une femme plus belle
Mieux faite et plus sage que moi,
Vous pourrez franchement lui donner votre foi
Et vous marier avec elle. »
Sa confiance en ses attraits
Lui faisait regarder une telle promesse
Comme un serment, surpris avec adresse,
De ne se marier jamais.
Et pourtant :
L'Infante seule était plus belle
Et possédait certains tendres appâts
Que la défunte n'avait pas.
Le Roi le remarqua lui-même
Et brûlant d'un amour extrême
Alla follement s'aviser
Que par cette raison il devait l'épouser.
Flora pense à l'amour de son père et au silence de sa mère. Elle dit la
neige de ses rêves, le froid dehors, elle dit les menaces de mort permanentes traversant les plaintes maternelles. Elle dit le froid dedans, l'emprise des
paroles de la mère : si tu pars, je me tue. Comme Peau d'Ane, Flora a cru
fuir devant un père impétueux, comme Peau d'Ane, elle a dû s'éloigner, se
cacher sous le manteau terne de son inhibition et de son repli. Mais peutelle
accepter déjà la polysémie des messages maternels et à travers elle, le
« terrorisme de la souffrance » décrit par Ferenczi ? Pour Peau d'Ane, Flora
reconnaît ce lien paradoxal, l'impasse dans laquelle il entraîne l'héroïne,
déchirée entre sa fidélité sacrificielle à une mère idéalisée et un père négligeant
les tabous fondamentaux de l'inceste.
Flora rêve qu'une femme l'accuse d'avoir voulu tuer son père, de l'avoir
blessé. Elle se révolte : c'est lui qui, toujours, a voulu la tuer. Un homme
arrive, un collègue de travail. Elle brûle son visage avec la pointe incandescente
d'un mégot. Il prend feu. Elle s'enflamme. Mais elle ne s'inquiète pas :
elle sait qu'elle porte une perruque et des oripeaux. Ce sont eux qui se calcinent.
Elle, reste intacte.
Ainsi elle découvre son rôle actif dans le scénario de la séduction, c'est
elle qui allume le feu, mais pour qui ? La voilà prise au piège, engagée à
affronter une impuissance essentielle, non plus seulement celle de l'enfant
battue, muette et haineuse, triomphante ; mais l'impuissance qui s'aiguise
dans la reconnaissance du lien qui unit ses parents et dont elle est exclue.
La liaison complice du père et de la mère qui lui assigne la place de l'enfant
trahie et abandonnée, celle de la fille sacrifiée.
La confrontation à l'originaire, à l'inconnaissable, détermine la production
de fantasmes chez l'individu et de mythes dans la communauté, rappelle Guy
Rosolato10. Pour les deux sexes, il y a nécessité de s'éloigner de la mère pour
trouver d'autres objets plus adéquats, et maintenir la loi portée par la parole
du père. Mais c'est pour maîtriser ce qui s'éprouve,- la souffrance, la douleur
- que le recours à la toute-puissance de la pensée place le fantasme en
position originaire. Guy Rosolato a établi des liaisons entre les fantasmes originaires
et les mythes correspondants : par exemple, la scène primitive et la
genèse, la castration et le sacrifice d'Abraham, la séduction et la révélation, le
retour au sein maternel et le Paradis. On peut reconnaître l'élaboration primordiale
et irréductible de fantasmes originaires chez l'individu à partir des
relations originaires de l'enfant qui s'inscrivent dans l'axe de la sexualité. Mais
la construction du mythe constitue le passage aux mots grâce aux articulations
métonymiques d'où se dégage la métaphore : l'énigme est l'originaire.
Le drame d'Iphigénie pourrait bien constituer une figuration mythique
du féminin, référence « originaire » dont la structure se redécouvre dans
les fantasmes de filles. La tragédie des Atrides prend sa source dans le sacrifice
de l'enfant-fille, de la jeune vierge dont le Père-Roi doit faire couler le
sang pour reconquérir sa puissance. Le sang de la fille est donc le prix à
payer pour l'obtention de la victoire du père. Que Clytemnestre se venge
d'Agamemnon, qu'elle soit assassinée par Oreste, autant de chaînes se
déroulent qui font passer du meurtre de la fille au meurtre du père et enfin
à celui de la mère. Pour des attentats dont la séduction reste la cause
majeure, séduction inéluctable exigeant un châtiment fatal.
Peut-on, dans cette perspective, se permettre une dérive, passer du
mythe au conte de fées, autre transcription d'un héritage communautaire ?
La place des filles y est particulièrement intéressante dans la répétition d'un
scénario inlassablement retrouvé en dépit de ses variantes. Une place de
fille à laquelle les femmes, certes, s'identifient, mais qui pourrait bien, au
demeurant, figurer voire même symboliser le féminin pour les deux sexes,
dans les représentations qui en sont offertes de la castration et du masochisme
d'une part, de la toute-puissance et du triomphe d'autre part. Les
contes de fées édulcorent considérablement la tragédie en transformant la
punition : le bannissement, la réclusion misérable ou l'endormissement
sont autant de substituts ou de subterfuges pour assurer le sacrifice tout en
maintenant sa dimension réparatrice et réversible.
Pour Flora, Peau d'Ane devenait la figure idéale et mythique de la princesse
exilée, certes, mais son génie finissait par être reconnu. Le rôle du père
tenait une fonction essentielle dans cette reconnaissance, et cela, dès l'évocation
du souvenir traumatique : en deçà de la violence des scènes racontées,
en deçà de leur réalité et des fictions qui les avaient rendues pensables, se
révélaient les secrets de Flora, les affects tendres associés à la présence de son
père, animés par tous les mouvements libidinaux qui lui étaient attachés.
L'analyse offrit à Flora de se saisir des marques positives de la séduction
paternelle : ce qu'elle n'avait pas trouvé auprès d'une mère désemparée, elle
l'avait cherché auprès d'un père jaloux et fier de son enfant. Plus tard, l'édifice
avait basculé dans les excès de l'érotisation, dans les débordements des
actes. Flora avait cru tout perdre : renoncer à son père, s'exclure de son toit,
ne lui avait pas pour autant permis de garder l'amour de sa mère. Tous les
malheurs du monde s'étaient donc abattus sur cette fille qui avait d'abord
voulu se convaincre qu'ils ne l'atteindraient pas.
Mais les coups continuaient de tomber, ouvrant à nouveau les plaies
anciennes, ravivant les sensations douloureuses. C'est bien la pérennité des
traces mnésiques assurée par le maintien des sensations et des affects qui avait permis que, dans l'analyse, se nouent les fils d'une histoire dont elle
devenait l'auteur, et la propriétaire, pour reprendre les mots de Piera
Aulagnier11.
*
Que la figurabilité, que l'activité représentationnelle, que la pensée, que
les rêves enfin offrent une contenance aux émois, voilà qui est entendu.
Mais à quelles conditions, dans la situation analytique, ce travail advientil
? Dans quels systèmes d'actions et de réactions, le transfert et le contretransfert
prennent-ils vie ?
L'essentiel en fait revient d'abord à la scène, comme figuration, comme
représentation d'éprouvés. Dans le rêve, dans le mythe, dans le conte ou le
fantasme, comme dans le souvenir et même dans la construction, la scène
occupe une place primordiale : parce qu'elle montre et cache en même
temps, parce qu'elle organise et déroule dans l'espace et le temps, parce
qu'elle traite d'affects et de représentations grâce à la dramatisation et la
contenance d'émois en quête de formes.
La scène est tout à la fois l'espace et l'histoire et, en tant que telle, se plie
aux déformations qui constituent les conditions nécessaires à sa production
et à son déploiement. La représentation peut prendre alors sens, dégagée partiellement
des contraintes de la reproduction littérale et de son rapport à une
illusoire véridicité. La réalité, dans sa face objective, perd une grande part de
son intérêt. L'interprétation subjective de l'histoire, l'interprétation de l'événement
remémoré, sa saisie psychique s'organisent certes autour d'une
construction du fantasme, mais aussi à partir de sa matière première - la
sensation, le ressenti - qui en tant que perception interne de l'éprouvé fondamental
- la sensation de plaisir/déplaisir - en constitue la source.
Si j'en viens maintenant à l'événement dans la cure, c'est-à-dire à la rencontre
des deux partenaires qui l'actualisent, je retrouve encore l'état d'affect
dans le sein même du transfert. Freud explique en 1912 que parmi les
émois qui déterminent la vie amoureuse, une partie seulement parvient à
son plein développement. « Une autre partie de ces émois libidinaux a subi
un arrêt de développement, se trouve maintenue éloignée de la personnalité
consciente comme de la réalité et peut soit s'épanouir en fantasmes, soit
rester tout à fait enfouie dans l'inconscient. »12 Ce sont donc ces émoisarrêtés dans leur développement, enfouis dans l'inconscient - qui vont
fournir la matière même du transfert car, je cite : « Il est tout à fait normal
et compréhensible de voir l'investissement libidinal en état d'attente et tout
prêt [...] à se porter sur la personne du médecin. »13
Qu'il s'agisse du positif ou du négatif, le transfert relève d'abord de
composantes affectives, condition essentielle pour qu'il puisse se constituer
comme moteur du processus, notamment dans sa fonction de
résistance : les rêves, les souvenirs, les fantasmes adressés à l'analyste
sont autant de figurations, de représentations qui viennent donner
forme et corps à ces composantes. La scène vient alors se saisir de la
situation analytique, parce que scène psychique il y a, parce que le
« théâtre privé » s'offre comme l'une des métaphores originaires de l'espace
psychique. L'épanouissement de l'amour de transfert conforte
transitoirement l'analogie : « La scène a entièrement changé, écrit
Freud, tout se passe comme si quelque comédie eût été soudainement
interrompue par un événement réel, par exemple lorsque le feu éclate
pendant une représentation théâtrale. »14 Le poids de l'amour de transfert
occupe la place primordiale, agent provocateur réel qui sous-tend la
résistance, agent provocateur à respecter, puisque Freud refuse les différents
moyens qui permettraient d'en annuler les effets : ni discours
sublimes, ni partage de sentiments tendres (les limites pourraient si aisément
en être débordées). Il faut laisser vivre ces désirs et ces émois, parce
que ce sont eux qui constituent la force même du travail et du changement.
Chaque moment du processus découvre sa trace dans les états
d'affects de l'analysant et de l'analyste.
Dans la cure de Flora, l'angoisse inaugurale, sans objet, en apparence,
et sans mots, envahit l'espace analytique mais se contient dans le cadre
et dans la place que j'y occupe. La première scène, d'emblée avancée,
tenait bien son objectif traumatique : c'était à moi qu'elle s'adressait
dans la répétition de l'effraction, pour me mettre à l'épreuve de la passivité,
de la passivation et que j'en ressente la faiblesse radicale. Le défi
se situait là : l'analyse pouvait-elle affronter et circonvenir une réalité si
dure et si compacte ? Le transfert d'affects, au sens littéral de déplacement,
découvre sa fonction économique et dynamique : la position que
m'assigne Flora, dans la scène de l'enfant battu, est celle du témoin,
témoin excité, auteur du fantasme, certes, mais en deçà, celle de l'enfant confronté à l'impuissance fondamentale ordonnée par l'organisation du
fantasme de la scène primitive.
La seconde scène, celle de la séduction manifeste, déploie encore un fantasme
originaire correspondant : sa réalité affirmée comme telle me maintenait
dans la même position de désarmement et assurait à Flora le triomphe
d'avoir évincé la mère, au coeur du transfert. Le rêve d'amour enfin
avait condensé la réalisation de désirs incestueux et la menace maternelle.
Mais l'assurance de l'amour du père, pris dans les chaînes du transfert positif,
permit l'affrontement au châtiment et à la vengeance de la mère. La
déformation, la folie invoquée, la mort admise, purent, secondairement, se
développer dans le transfert négatif, dénonçant les promesses illusoires de
l'analyse, convoquée d'abord pour éloigner les effets répétitifs de la mortification.
Pourtant, en deçà des mots qui tracent la représentation, la matière première,
les états d'affects se prennent dans le corps du transfert, premiers
messages, premiers partages innommables, parce qu'inconnus, dégagés
progressivement par chacun des partenaires, l'analysant et l'analyste, au gré
des images, des souvenirs et des fantasmes, au fil de la levée des refoulements
pour l'un et pour l'autre. Autant de formes et de substances pour des
essences sensorielles primordiales, pour des sensations, pour des mouvements
pulsionnels, pour des sentiments enfin, dans l'emboîtement de
messages énigmatiques conservant chaque fois la part de mystère et d'inconnu
nécessaire à la vie.
C'est ainsi que l'événement transférentiel prend « acte » dans l'association,
ici/maintenant, du corps et de la pensée, dans la construction de versions
nouvelles d'une histoire portée par des scènes qui en assurent la traduction
dans l'espace du rêve et de la parole.
RÉFÉRENCES
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de l'Enfant, n° 7, Paris, Payot, 1989, pp. 191-221.
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ROSOLATO G. (1992) « Les fantasmes originaires et leurs mythes correspondants
», Nouvelle Revue de Psychanalyse, 1992, n° 46, pp. 223-247.
[1]1919, « Un enfant est battu », trad. fr. in Névrose, Psychose et Perversion, PUF, 1973,
p. 224.
[2]Ibid, p. 225.
[3]1920 « Au delà du Principe de Plaisir », in Essais de Psychanalyse, trad. fr. Paris, Payot, 1981, p. 50.
[4]
[5]1899, « Sur les souvenirs-écrans », trad. fr. in Névrose, Psychose et Perversion, Paris, PUF, 1973, p. 115.
[6]Ibid p. 117.
[7]Ibid p. 131.
[8]Ibid p. 132.
[9]1900, L'interprétation des rêves, tr. fr. Paris, PUF, 1967, p. 392.
[10]« Les fantasmes originaires et leurs mythes correspondants », Nouvelle Revue de Psychanalyse, 1992, n° 46, pp. 223-247.
[11]« Se construire un passé », in Journal de la Psychanalyse de l'Enfant, n° 7, Paris, Payot, 1989, pp. 191-221.
[12]1912, « La dynamique du transfert », in La technique psychanalytique, tr. fr. Paris, PUF, 1977, p. 51.
[13]Ibid.
[14]« Observations sur l'amour de transfert » in La technique psychanalytique, trad. fr. Paris, PUF, 1977, p 119.